Affaire Sonko-Mame Mbaye Niang : Tout comprendre sur la décision et ses conséquences pour Ousmane Sonko

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Les Chambres réunies de la Cour suprême du Sénégal ont rejeté ce 1ᵉʳ juillet 2025 la requête en rabat d’arrêt introduite par Ousmane Sonko, mettant un terme définitif à la procédure judiciaire le concernant dans l’affaire de diffamation l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Cette décision marque l’épilogue d’une bataille juridique et politique de deux ans aux implications majeures pour la vie démocratique sénégalaise.

Le Contexte juridique : une condamnation aux lourdes conséquences  

L’affaire trouve son origine dans des accusations de diffamation portées par Mame Mbaye Niang contre Ousmane Sonko, ce dernier l’ayant publiquement accusé de détournement de fonds présumés. Après une première condamnation en mars 2023 à deux mois de prison avec sursis et 200 millions FCFA de dommages-intérêts, la cour d’appel avait alourdi la peine en mai 2023 à six mois de prison avec sursis. Le 4 janvier 2024, la Chambre pénale de la Cour suprême avait confirmé cette condamnation, rendant Sonko inéligible à l’élection présidentielle de février 2024 selon l’article 34 du Code électoral sénégalais, qui exclut les personnes condamnées à des peines égales ou supérieures à six mois.

La requête en rabat d’arrêt : un ultime recours rejeté  

La défense de Sonko a introduit une requête exceptionnelle en rabat d’arrêt, contestant la décision de janvier 2024 pour deux motifs principaux :  

1. Violation procédurale : Les avocats de Sonko, dont Me Bamba Cissé, soutenaient que la Cour suprême aurait dû saisir le Conseil constitutionnel avant de statuer sur l’exception d’inconstitutionnalité soulevée concernant l’article 260 du Code pénal. Selon eux, cette exception, qui peut être invoquée « à tout moment de la procédure », n’aurait pas dû être rejetée pour « dépôt tardif ».  

2. Impact de la loi d’amnistie : Adoptée récemment, cette loi rendait théoriquement « sans objet » toute procédure liée aux faits visés.  

Le rejet de la requête par les Chambres réunies le 1ᵉʳ juillet 2025 a confirmé l’irrecevabilité de ces arguments, valant à Sonko une condamnation aux dépens et scellant définitivement la procédure.

Implications politiques : une exclusion électorale consolidée  

Cette décision a des répercussions profondes :  

Inéligibilité confirmée : La condamnation définitive interdit à Sonko de se présenter à toute élection pendant cinq ans, ce qui a indirectement favorisé l’élection de son allié Bassirou Diomaye Faye en 2024.  

Polarisation de l’opinion : Alors que le camp de l’opposition salue une « victoire pour l’État de droit », les partisans de Sonko dénoncent une « instrumentalisation politique de la justice ». Le député Amadou Ba (Pastef) a ainsi fustigé une « erreur historique » de la Cour suprême, estimant qu’elle avait cédé aux pressions politiques.  

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