Par-delà le choc politique du limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature, le Sénégal entre dans une séquence historique où chaque démission, chaque repositionnement et chaque silence peuvent redessiner l’architecture du pouvoir. Si les vice-présidents de l’Assemblée nationale, les DG, PCA et responsables de PASTEF venaient à quitter massivement les institutions, le Président Bassirou Diomaye Faye pourrait-il encore gouverner sans blocage ? La Constitution sénégalaise contient-elle déjà les clés d’un “Plan DIAKHAR 3.0”?
La rupture politique devenue institutionnelle
Le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le Président Bassirou Diomaye Faye a officiellement ouvert une nouvelle phase politique au Sénégal. Les premières informations faisant état d’une démission du président de l’Assemblée nationale et les rumeurs de départs en cascade au sein des institutions laissent entrevoir un scénario inédit depuis l’alternance de 2024.
Le tandem “Diomaye-Sonko”, présenté pendant deux ans comme un bloc fusionnel, semble désormais engagé dans une séparation politique brutale. Pourtant, contrairement aux apparences, cette crise pourrait révéler une stratégie plus profonde : celle d’un recentrage total du pouvoir autour de la magistrature suprême.
Dans un régime où la Constitution donne au Président de la République une position centrale, le chef de l’État pourrait, paradoxalement, sortir renforcé d’une vague de démissions.
SCÉNARIO 1 : Les vice-présidents de l’Assemblée nationale démissionnent
Si les vice-présidents de l’Assemblée nationale démissionnent à leur tour, plusieurs conséquences immédiates pourraient surgir :
- ralentissement du fonctionnement administratif du Parlement ;
- reconfiguration du bureau de l’Assemblée ;
- tensions internes au sein de la majorité ;
- bataille de légitimité entre pro-Diomaye et pro-Sonko.
Mais juridiquement, l’Assemblée nationale ne s’arrête pas pour autant.
La Constitution sénégalaise et le règlement intérieur de l’Assemblée permettent le remplacement des membres démissionnaires du bureau parlementaire. Tant qu’une majorité de députés siège, l’institution continue d’exister.
Autrement dit :
Le vide politique ne crée pas automatiquement un vide constitutionnel.
Et c’est là que pourrait apparaître le premier niveau du “Plan DIAKHAR 3.0” : laisser les structures politiques se reconfigurer naturellement tout en maintenant la continuité de l’État.
SCÉNARIO 2 : Les DG, PCA et hauts responsables de PASTEF quittent l’administration
C’est probablement le scénario le plus spectaculaire.
Si des directeurs généraux, présidents de conseils d’administration, directeurs nationaux, ambassadeurs ou responsables stratégiques affiliés à PASTEF démissionnaient collectivement, beaucoup y verraient une paralysie imminente de l’appareil d’État.
Mais en réalité, le système administratif sénégalais fonctionne d’abord sur la permanence de l’État.
Les ministères disposent :
- de secrétaires généraux ;
- de directions techniques ;
- d’administrateurs civils ;
- d’inspections internes ;
- de fonctionnaires permanents.
Même sans figures politiques visibles, l’administration continue de tourner.
Le Président pourrait alors :
- nommer rapidement des intérimaires ;
- promouvoir des technocrates ;
- s’appuyer sur des profils issus de la haute administration ;
- élargir sa coalition à des compétences non partisanes.
Ce serait la naissance d’un pouvoir moins militant, mais davantage présidentiel et institutionnel.
Un passage d’un “État de parti” à un “État de fonction”.
SCÉNARIO 3 : PASTEF bascule dans l’opposition parlementaire
Le vrai test politique pourrait venir de l’Assemblée nationale.
PASTEF dispose d’une majorité écrasante. Si le parti décidait de rompre totalement avec le Président, plusieurs situations pourraient émerger :
Hypothèse A : cohabitation conflictuelle
Le Président nomme un nouveau Premier ministre.
Mais l’Assemblée refuse certaines lois, ralentit les réformes ou multiplie les commissions d’enquête.
Dans ce cas, le Sénégal entrerait dans une cohabitation politique de fait, même si le Président conserve ses pouvoirs constitutionnels.
Hypothèse B : recomposition parlementaire
Tous les députés PASTEF ne suivraient pas nécessairement une ligne radicale.
Une partie pourrait choisir :
- la stabilité institutionnelle ;
- la loyauté au Président ;
- ou une neutralité stratégique.
Le Président pourrait alors construire une majorité présidentielle alternative.
Hypothèse C : dissolution de l’Assemblée nationale
C’est le scénario nucléaire.
Conformément à la Constitution, le Président de la République peut dissoudre l’Assemblée nationale dans certaines conditions.
Cela ouvrirait :
- une nouvelle campagne électorale ;
- une clarification politique nationale ;
- un affrontement direct entre légitimité présidentielle et légitimité partisane.
Ce serait probablement l’acte fondateur officiel du “Plan DIAKHAR 3.0”.
Le véritable génie politique : gouverner sans affrontement frontal
La grande question est la suivante :
Pourquoi le Président n’a-t-il pas immédiatement engagé une confrontation totale ?
La réponse pourrait résider dans une stratégie de maîtrise du temps politique.
Le chef de l’État semble comprendre plusieurs réalités fondamentales :
- Une rupture brutale pourrait provoquer une crise sociale.
- Une victimisation politique de Sonko pourrait renforcer son camp.
- L’économie sénégalaise reste fragile.
- Les partenaires internationaux observent chaque mouvement.
- Les institutions doivent continuer de fonctionner coûte que coûte.
Ainsi, le véritable génie politique ne serait pas la démonstration de force immédiate.
Mais au contraire :
- laisser les lignes bouger ;
- laisser les fidélités se révéler ;
- laisser les ambitions s’exposer ;
- puis reconstruire un nouveau centre du pouvoir
Au finish, dara du xéw… Et quoi qui arrivera, le Peuple a choisi Diomaye, et Diakhar a toutes les cartes en main.
Doxalal Président!
Amadou DIOP Carter
Ph.D Informatique Cognitive
President du Parti politique
Doxal SENEGAAL

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